CFP « Du côté obscur : Féminismes Noirs »

Appel à contributions

N° 0 | 2014 – Du côté obscur : Féminismes Noirs

Coordination : Keivan Djavadzadeh, Elsa Dorlin et Myriam Paris

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Résumé

Depuis la France, « féminisme noir », c’est initialement la traduction du Black feminism, de ses outils politiques et théoriques. La circulation transatlantique et la réception de ce corpus nous permettent de décentrer nos cadres traditionnels d’analyse et d’actions. Elles nous invitent à construire et à multiplier nos héritages, ceux des mouvements, des pensées, des luttes de nos mères, de nos sœurs, de nos compagnes, au cœur des territoires dominés et effacés par les dynamiques impériales.

Dans le contexte politique français d’une offensive raciste menée au nom d’une prétendue politique d’égalité des sexes, la cartographie des recherches et des mouvements féministes s’est reconfigurée selon de nouvelles fractures. Dans ces polémiques, nos corps, nos teints, nos vêtements, nos lieux de naissance et de résidence, nos sexualités, nos religions et nos langues ont revêtu de nouveaux pouvoirs, qualifiants et disqualifiants, légitimant et délégitimant nos discours. Nous avons parfois brandi nos « peaux scandaleuses » (Roberte Horth) comme un étendard pour devenir audibles au risque de blanchir, racialiser nos adversaires ainsi que nos traditionnelles allié·e·s, et se prendre au piège de la « maison du maître » (Audre Lorde) et de ses délimitations racistes. Nous les avons parfois masquées pour élargir le champ des coalitions possibles au risque de devenir invisibles. Ces apories nous engagent à poursuivre la déconstruction des dichotomies imposées par le « solipsisme blanc » (Adrienne Rich), en exhumant des féminismes refoulés, enfouis et ignorés qui le contestent. Ce numéro inaugural de Comment S’en Sortir ? intitulé « Du côté obscur », voudrait bâtir des passerelles et des ponts (Cherrie Moraga et Gloria Anzaldùa), en puisant dans ces féminismes noirs des pratiques théoriques, des postures politiques, permettant de déjouer les cadres d’analyse et d’actions dominants qui appauvrissent notre expérience et condamnent nos luttes en les épuisant dans des antagonismes fratricides/sororicides.

Les auteur·e·s sont invité·e·s à proposer des articles qui donnent à voir des mouvements féministes engagés contre l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme et le racisme, et à témoigner des multiples origines historiques, géographiques et politiques des féminismes noirs. Il s’agit de répertorier et d’étudier les stratégies et les tactiques mises en œuvre par des féministes sous la contrainte du racisme, de saisir comment elles déplacent, déjouent, renversent, segmentent, enfoncent les lignes chromatiques de la race. Il s’agit de multiplier les héritages féministes obscurs, masqués, grimés, voilés, tels que celui de Solitude, de Fathma N’Soumer, d’Awa Thiam, de Julia Cooper, d’Emma Goldman, des sœurs Nardal. Il s’agit d’analyser les processus de dominations, de résistances, de migrations qui les colorent et décolorent, rétractent ou amplifient l’espace des solidarités possibles.

DATES LIMITES et CONTACT
  • Date limite de réception des propositions d’articles : 15 avril 2013
    Notification de la première phase de sélection : 30 avril 2013
  • Date limite d’envoi des articles complets pour double évaluation à l’aveugle : 31 juillet 2013
    Acceptation définitive des articles : 15 septembre 2013
  • Publication : Printemps 2014
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